Imposerle tutoiement généralisé comme le vouvoiement généralisé est une absurdité : il faut laisser à chacun le temps de se faire sa place dans l’entreprise et de faire ses choix. Un tutoiement obligatoire induit une certaine hypocrisie dans les relations là où un vouvoiement obligatoire pour tous induit une certaine réserve, voire un contrôle excessif de sa parole. Danstous les dialogues tout le monde se dit "vous", tandis que dans toutes les chansons c'est. le roi soleil: Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer. Accueil Rechercher S'enregistrer Connexion : Le Deal du moment : -20% Promo sur les Baskets Nike Air Max 2090 Voir le LeTutoiement et le vouvoiement. La réflexion éthique du tutoiement et du vouvoiement dans la relation de soin réalisé par le comité éthique de la fondation du bon sauveur « destinéeau dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche Cest le tutoiement. Lorsque je vois un client pour la seconde ou la troisième fois, je le tutoie. Sauf bien entendu quelques personnes âgées qui pourraient interpréter Ffw4WP. 11° Dire qu’autrui ne m’apparaît pas comme objet, ne signifie pas seulement que je ne prends pas l’autre homme pour une chose soumise à mes pouvoirs, que je ne le prends pas pour un quelque chose ». C’est affirmer que le rapport même qui, originellement, s’établit entre moi et autrui, entre moi et quelqu’un, ne saurait, à proprement parler, se loger dans un acte de connaissance qui, comme tel, est prise et compréhension, investissement d’objets. Prétendûment extérieur, l’objet est déjà englobé par moi statut ambigu de l’immanence et de la transcendance. Le rapport à autrui, c’est précisément la fin de cette ambiguïté et de la vieille tentation de la philosophie idéaliste, où la venue du langage n’est que de surcroît, pour faire connaître au dehors ce qui se passe rigoureusement en nous, ou pour servir à la pensée intérieure d’instrument d’analyse ou de dépôt où s’accumulent ses résultats acquis. Dans la relation à autrui, cette intériorité serait d’emblée rompue et le langage, — le dire qui dit, ne fût-ce qu’implicitement, tu — n’est pas la communication, toujours facultative, de la rencontre. Il est l’événement de cette rencontre même, l’éclatement même de la pensée sortant dia-logiquement d’elle-même et tout autrement qu’une noèse qui, à travers le même, se projette vers l’objet qu’elle se donne. 2Martin Buber découvre cet éclatement ou ce retournement de l’intentionalité en langage. Aussi commence-t-il sa démarche de philosophe par le premier mot, le mot fondamental, par le Grundwort au lieu de réfléchir sur le cogito. Le Grundwort Je-Tu est, en fin de compte, la condition de l’ouverture de tout langage, même de celui qui énonce le rapport de pure connaissance exprimé par le Grundwort Ich-Es, Je-Cela, car, comme langage précisément, celui-ci interpelle aussi un interlocuteur, est déjà dialogue ou résidu d’un dialogue. 3Cette mise en valeur de la relation dia-logale et de son irréductibilité phénoménologique, de son aptitude à constituer un ordre sensé autonome et aussi légitime que la traditionnelle et privilégiée corrélation sujet-objet dans l’opération de la connaissance, restera l’apport inoubliable des travaux philosophiques de Martin Buber. La multiplicité qu’implique la proximité sociale, n’est plus, par rapport à l’unité — ou à la synthèse ou à la totalité de l’être que recherche le savoir ou la science —, une dégradation du rationnel ou une privation. C’est un ordre pleinement sensé de la relation éthique, relation avec l’altérité inassimilable et, ainsi, à proprement parler, in-com-préhensible — étrangère à la saisie et à la possession —, d’autrui. La découverte de cet ordre dans sa pleine originalité et l’élaboration de ses conséquences et, si on peut dire, de ses catégories », restent inséparables du nom de Buber, quelles que soient les voix concordantes au milieu desquelles la sienne se fit entendre, fussent-elles aussi souveraines que celle de Gabriel Marcel dans le Journal Métaphysique. Mais même le fait d’avoir foulé et fouillé le domaine du dialogue sans se savoir sur un terrain déjà dégagé par un autre, ne dispense pas le chercheur d’allégeance à Buber. Rien ne pourrait limiter l’hommage qui lui est dû. Aucune réflexion sur l’altérité d’autrui dans son irréductibilité à l’objectivité des objets et à l’être des étants, ne peut ignorer la percée accomplie par lui et doit y trouver encouragement. 4Aussi, dans nos remarques à son sujet qui indiquent quelques points de divergence, ne s’agit-il pas de mettre en question les analyses fondamentales et admirables de Ich und Du et, encore moins, d’entrer dans la périlleuse ou ridicule entreprise tendant à améliorer » la doctrine d’un authentique créateur. Mais le paysage spéculatif ouvert par Buber est assez riche et encore assez neuf, pour rendre possible certaines perspectives de sens qu’on ne peut pas toujours reconnaître, du premier coup du moins, à partir des voies magistralement frayées par le pionnier. 5Nos remarques, qui distinguent des positions différentes entre Buber et celles que nous adoptons dans nos propres essais, sont formulées en guise de notes de travail qui touchent à divers thèmes. Elles ne dessinent pas les aperçus qui les fondent et constituent souvent des questions plutôt que des objections. Il n’est peut-être pas impossible de leur trouver une réponse — ou même de trouver aux idées qui les déterminent une place — dans les textes de Buber. Mais cela relève d’une étude qui n’est pas tentée aujourd’hui. 62° Une remarque préalable s’impose encore. On pourrait s’étonner que devant le déchaînement de tant de forces, de violences et de voracités qui emplissent notre histoire, nos sociétés et nos âmes, on soit allé chercher dans le Je-Tu ou dans la responsabilité-d’un-homme-pour-l’autre-homme les catégories de l’Humain. Etonnements de bien des nobles esprits. Ce fut certainement le cas de notre regretté ami, le Professeur Alphonse De Waelhens — à la mémoire de qui est consacré le présent recueil d’études — quand, après tant de beaux travaux consacrés à la phénoménologie, il parla de la distance qui sépare l’anthropologie philosophique et le visage de la vraie misère des hommes et quand, pour regarder cette misère dans les yeux, il se mit à fréquenter les hôpitaux psychiatriques après tant de bibliothèques. Mais, peut-être, rechercher dans les structures éthiques de la proximité, le secret de l’humain n’équivaut-il pas à la tentative de fermer les yeux sur sa misère. Ce n’est pas par la confiance en le progrès qui serait assurée par une dialectique consolante ou par des signes avant-coureurs d’un nouvel âge d’or, empiriquement recueillis, que se justifie à notre sens cette recherche sur l’éthique comme philosophie première. Ce sont certainement les nécessités implacables de l’être qui expliquent l’histoire inhumaine des hommes plutôt qu’une éthique de l’altérité. Mais c’est parce que, dans l’être, l’humain a surgi, que ces implacables nécessités et ces violences et cet universel inter-essement sont en question et se dénoncent comme cruautés, horreurs et crimes, et que l’humanité, à la fois, s’obstine à être et s’atteste, contre le conatus essendi, dans les saints, et les justes, et ne se comprend pas seulement à partir de son être-au-monde, mais aussi à partir des livres. L’humanité de l’humain, n’est-ce pas dans l’apparent contre-nature de la relation éthique à l’autre homme, la crise même de l’être en tant qu’être ? 73° Pour Buber, le tu que le je interpelle, est déjà, dans cette interpellation, entendu comme un je qui me dit tu. L’interpellation du tu par le je, serait donc d’emblée, pour le je, l’instauration d’une réciprocité, d’une égalité ou d’une équité. Dès lors, entendement du je en tant que je et possibilité d’une thématisation adéquate du je. L’idée du je ou d’un Moi en général se dégagerait de cette relation aussitôt une réflexion totale sur moi-même serait possible et ainsi, l’élévation du Moi au concept, à la Subjectivité au-dessus de la centralité vécue du je ; élévation qui, dans le rationalisme traditionnel, passe pour meilleure » ou plus spirituelle » que la centralité et signifierait une libération » à l’égard du subjectivisme partial et de ses illusions intellectuelles et morales. 8Dans nos propres analyses, l’abord d’autrui n’est pas originelle ment dans mon interpellation de l’autre homme, mais dans ma responsabilité pour lui. Relation éthique originelle. — Cette responsabilité serait appelée et suscitée par le visage de l’autre homme, décrit comme une rupture des formes plastiques de la phénoménalité et de l’apparaître droiture de l’exposition à la mort et ordre à moi donné de ne pas laisser autrui à l’abandon parole de Dieu. Importance méthodologique de l’interprétation du visage et de son originalité dans le perçu, selon une signifiance indépendante de celle que lui prête le contexte du monde. Centralité indéracinable du je — du je ne sortant pas de sa première personne — qui signifierait le caractère illimité de cette responsabilité pour le prochain je ne suis jamais quitte à l’égard d’autrui. — Responsabilité pour l’autre homme, que ne conditionnent pas, ni ne mesurent des actes libres dont cette responsabilité serait la conséquence. Responsabilité gratuite qui ressemble à celle d’un otage et qui va jusqu’à la substitution à autrui, sans exigence de réciprocité. Fondement des notions de fraternité et d’expiation pour l’autre homme. Ici donc, contrairement au Je-Tu de Buber, pas d’égalité initiale le tutoiement du Je-Tu est-il justifié ?. Inégalité éthique subordination à autrui, diaconie originelle la première personne à l’accusatif » et non pas au nominatif ». D’où la vérité profonde de la formule de Dostoïevski dans les Frères Karamazov, souvent citée Nous sommes tous coupables de tout et de tous envers tous et moi plus que tous les autres ». Le superlatif final ne se réfère pas, bien entendu, à des données biographiques, ni aux traits de caractère du personnage qui énonce cette proposition. 94° Responsabilité incessible, comme si le prochain m’appelait avec urgence et n’en appelait qu’à moi, comme si j’étais seul concerné. La proximité même réside dans l’exclusivité de mon rôle. Il est éthiquement impossible de rejeter sur un tiers ma responsabilité pour le prochain. Ma responsabilité éthique, c’est mon unicité, mon élection et ma primogéniture ». — L’identité et l’unicité du moi ne semblent pas faire problème chez Buber. Elles ne se tirent pas de la corrélation même du dialogue où le moi est concret. Son individuation » ne demeure-t-elle pas chez lui implicitement substantialiste ? 105° Relation avec l’autre dans la réciprocité, la justice chez Buber commence dans le Je-Tu. Dans la perspective que nous avons suivie, le passage de l’inégalité éthique — de ce que nous avons appelé dissymétrie de l’espace intersubjectif — à l’ égalité entre personnes », viendrait de l’ordre politique de citoyens dans un Etat. La naissance de l’Etat à partir de l’ordre éthique serait intelligible dans la mesure où j’ai aussi à répondre du tiers à côté » de mon prochain. Mais qui est à côté de qui ? L’immédiateté de ma relation au prochain est modifiée par la nécessité de comparer les hommes entre eux et à les juger. Recours à des principes universels, lieu de la justice et de l’objectivité. — La citoyenneté ne met pas fin à la centralité du Je. Elle la revêt d’un sens nouveau sens révocable. L’Etat peut se mettre à fonctionner selon les lois de l’être. C’est la responsabilité pour autrui qui mesure la légitimité de l’Etat, c’est-à-dire sa justice. 116° La pensée à laquelle le dialogue appartient organiquement et primordialement chez Buber, ne reste-telle pas, par ailleurs, chez lui, dans l’élément de la conscience ? — Il nous a semblé essentiel d’insister sur l’irréductibilité de la responsabilité envers autrui à l’intentionnalité de la conscience, pensée du savoir, fermée sur la transcendance de l’Autre et qui assure comme savoir l’égalité entre idée et ideatum et dans le parallélisme rigoureux noético-noématique et dans l’adéquation de sa vérité et dans la plénitude intuitive remplissant » la visée du Meinen, le satisfaisant comme on satisfait un besoin. La relation éthique à l’autre homme, la proximité, la responsabilité pour autrui, ne serait pas une simple modulation de l’intentionnalité ; c’est la modalité concrète sous laquelle se produit précisément une non-in-différence de l’un à l’autre ou du Même à l’Autre, c’est-à-dire une relation du Même à ce qui n’est plus à la mesure du Même et qui, dans un certain sens, n'est pas du même genre ». La proximité qu’assure la responsabilité pour l’autre n’est pas le pis-aller entre termes » qui ne sauraient coïncider, ni fusionner à cause de leur différence, mais l’excellence nouvelle et propre de la socialité. 12Il y aurait, ici, dans notre manière, comme une déduction de situations concrètes » à partir de significations abstraites dont se reconstituent les horizons ou la mise en scène ». Manière d'inspiration phénoménologique et souvent pratiquée depuis Totalité et Infini. Par exemple, le chez soi » comme inflexion du Moi, recherché dans la concrétude de la demeure, et l’intériorité de la demeure ramenant au visage féminin. Insistance, d’autre part, sur la limite que la concrétude du contenu éthique » impose à la nécessité des structures purement formelles la subordination » peut exclure la servitude quand elle est responsabilité pour autrui » ; l’obéissance ne contredit pas la liberté quand c’est l’Infini qui commande ; le plus est dans le moins dans l’idée cartésienne de Dieu ; les possibles sont au-delà des limites du possible dans la paternité etc. La distinction si importante de Husserl Ideen, I, § 13 entre le formel vide et le général, toujours encore Sachhaltig, ne comporte-t-elle pas, malgré la subordination du genre à la forme la possibilité d’une certaine distorsion de la forme par le contenu ? 137° Dieu pour Buber est le grand Toi ou le Toi éternel. En Lui se croisent, à Lui aboutissent les relations des hommes entre eux. — Nous nous sommes montré moins assuré que ce qu’on appelle Personne divine, tienne dans le Tu du dialogue et que piété et prière soient dialogues. Nous avons été amené à recourir à la troisième personne, à ce que nous avons appelé illéité pour parler de l’Infini et de la transcendance divine, autre que l’altérité d’autrui. Illéité de Dieu qui me renvoie au service du prochain, à la responsabilité pour lui. Dieu serait personnel en tant que suscitant des rapports interpersonnels entre moi et mes prochains. Il signifie à partir du visage de l’autre homme d’une signifiance qui n’est pas articulée comme rapport de signifiant à signifier, mais comme ordre à moi signifié. Toujours la venue de Dieu à l’idée, est liée dans nos analyses à la responsabilité pour l’autre homme et toute affectivité religieuse signifie dans sa concrétude une relation à autrui ; la crainte de Dieu serait concrètement ma crainte pour le prochain. Elle ne retourne pas, malgré le schéma heideggérien de l’affectivité, à la crainte pour soi-même. 1 Voir à ce propos, dans notre livre Noms propres, les pages 51-55. Nous renvoyons aussi pour le prob ... 148° Le dualisme bubérien des mots fondamentaux Je-Tu et Je-Cela, de la relation sociale et de l’objectivation, ne peut-il pas être surmonté ? Nous avons déjà fait allusion à la venue du tiers dans la relation au prochain, motivant thématisation, objectivation et savoir. Mais le pour l’autre même de la socialité n’est-il pas concret dans le donner et ne suppose-t-il pas les choses sans lesquelles, les mains vides, la responsabilité pour autrui ne serait que la socialité éthérée des anges1 ? 159° Le langage de Buber, si fidèle à la nouveauté de la relation avec autrui par rapport au savoir allant à l’être, rompt-il entièrement avec la priorité de l’ontologie ? Je-Tu ne se dit-il pas comme une façon propre d’atteindre l’être ? Nous avons essayé de penser la relation à autrui et l’Infini comme dés-inter-essement dans les deux sens du terme comme gratuité de la relation, mais aussi comme l’éclipse du problème traditionnel de l’être dans la relation avec Dieu et avec autrui. Le problème du sens de l’être, devient dans cette manière de penser la mise en question du conatus essendi qui, dans la compréhension de l’être », restait le trait essentiel de l’être l'être du Dasein signifiait avoir à être. Dans la responsabilité pour l’autre homme, mon être est à justifier être-là, n’est-ce pas déjà occuper la place d’un autre ? Le Da du Dasein est déjà un problème éthique. Tutoyer ou vouvoyer Le tutoiement se généralise de plus en plus. Salué par les uns comme un progrès bienvenu, il est vécu par d’autres de façon incommode. Quelle différence existe-t-il donc entre les deux manières de s’adresser à son entourage ? Peut-on les utiliser indifféremment ou marquent-elles respectivement un autre genre de relation ? Notre langage, un révélateur de notre état intérieur L’humanité évolue depuis de nombreux millénaires et ses membres ont acquis une certaine conscience d’eux-mêmes qui leur font utiliser tout naturellement aujourd'hui le mot je» pour se désigner. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Dans le passé lointain, l’être humain n’était pas conscient, comme il l’est aujourd’hui, d’être une individualité distincte de son entourage - la nature - et des autres membres de sa communauté, sa tribu. Il vivait en osmose totale avec eux et ce n’est que peu à peu qu’il s’en est extrait, pour devenir une personnalité consciente d’elle-même et de ses différences par rapport aux autres, et par là, consciente des répercussions que pouvaient avoir ses actes sur son environnement et ses semblables. Cette évolution de l’inconscience vers plus de conscience s’est faite progressivement et s’est tout naturellement reflétée dans l’évolution de la langue. On peut ainsi constater que dans les langues anciennes, le mot je » est très peu employé en tant que terme isolé. Incorporé dans le verbe et placé comme terminaison de celui-ci, il ne figurait pas de manière distincte dans la conjugaison comme c’est le cas de nos jours. Ce n’est que bien plus tard qu’il fut séparé du verbe et placé avant lui pour désigner celui qui est le moteur de l’action décrite par le verbe. Cette lente prise de conscience du moi peut aussi être observée de façon condensée dans l’enfance de l’être humain actuel. Dans leur jeune âge, les enfants n’utilisent pas le mot je, mais se désignent par leur nom ou un dérivé de celui-ci. Ils disent par exemple Jean veut une pomme» et non je veux une pomme», comme ils le feront au stade suivant. Bien que la prise de conscience du soi ne soit pas la même chez un enfant que chez un adulte mature et responsable - et non seulement conscient d’exister mais conscient de ses actes - le mot je» est utilisé dans les deux cas. Ce prénom personnel n’est donc plus en mesure de révéler la différence de maturité ; le langage cependant la distingue par un autre biais par l’emploi du tu et du vous. En effet, si l’enfant commence par tutoyer tout le monde, il apprend bientôt qu’il y a des personnes à qui l’on ne peut s’adresser ainsi et qu’il faut vouvoyer. Le passage du tu» au vous» marque ainsi une évolution de la perception de ses relations avec son entourage, car il ne peut se comporter de manière identique lorsqu’il tutoie ou vouvoie. Cette évolution est également visible historiquement. Si dans le passé le tutoiement était le plus courant, il fallut attendre le 16e siècle pour que le vous s’impose. Pendant la Renaissance, c’est le vous qui était utilisé et on ne tutoyait que les domestiques. Le siècle suivant, sous l’influence de Rousseau, le tutoiement rentra à nouveau dans les usages, et plus encore après la Révolution au nom de l’égalité. Mais si les hommes sont égaux devant les lois, le sont-ils en eux-mêmes ? L’apparition de la bourgeoisie, - on tutoie toujours plus dans les milieux populaires que bourgeois - rendit au vous une place prépondérante. C’est probablement à partir des années 1960 révolution hippie, mai 68,... qu’il succomba, pour laisser à nouveau une place plus importante au tutoiement. Il est généralement admis que l’on tutoie les personnes auxquelles on est uni par des liens étroits de parenté, d’amitié ou de camaraderie. Le tu» est donc employé dans les relations caractérisées par la proximité, l’intimité, l’affinité. Dans l’intimité du foyer, l’enfant tutoie ses parents, ses frères et sœurs, car ce sont ses proches et qu’il est en relation constante avec eux. Mais ce tutoiement qu’il étend d’abord sans distinction à tous ceux qu’il rencontre le facteur, l’épicier, les voisins,... prend un jour fin. Il découvre qu’il y a des relations qui ne sont pas du même type que celle du milieu familial, et qu’il existe un intérieur et un extérieur. Avec les gens de l’extérieur, les relations ne sont pas proches ou intimes. Le maître d’école, l’épicier,... font partie de l’extérieur ». Ils ne sont pas liés à la famille et sont d’un genre d'approche différent. Le tu» implique effectivement une certaine relation de dépendance. L’enfant est dépendant de ses parents et ceux-ci également de lui, puisqu’ils ne peuvent disposer entièrement d’eux-mêmes. Leurs décisions sont dépendantes des devoirs qu’ils doivent remplir envers lui. Le tu réciproque est donc bien de mise dans cette relation caractérisée par des liens si étroits. Les enfants se tutoient. Existe-t-il donc un lien entre eux ? Bien qu’ils aient chacun leur caractère, les enfants sont en affinité ou proches les uns des autres. Ils le sont car ils sont tous des personnalités non encore pleinement affirmées ou indépendantes, comme elles pourraient l’être une fois adulte. Ils ne sont pas encore responsables d’eux-mêmes. Le tutoiement, qui correspond à cet état, est donc tout naturel. A certaines époques, les parents vouvoyaient leurs enfants, mais cette pratique pousse les enfants dans un rôle - celui d’êtres indépendants et responsables - qu’ils ne sont pas encore en mesure d’assurer pleinement. De façon générale, le tutoiement des enfants par les adultes doit lui aussi prendre fin un jour. Le passage du tutoiement au vouvoiement se fait dans la période de l’adolescence, quand l’esprit perce vraiment et que l’âge de la pleine conscience de soi et de ses responsabilités approche. Effectivement, pendant l’adolescence, la personne devient une personnalité à part entière. Elle cesse d’être non-responsable et dépendante. C'est l'époque à laquelle le jeune homme ou la jeune fille quitte le nid familial pour voler de ses propres ailes. Le passage à l’état de pleine maturité ne se fait pas du jour au lendemain, mais progressivement. Lorsque celui-ci est atteint, les jeunes gens sont heureux d'être vouvoyés par les adultes, parce que cela est conforme à ce qu'ils ressentent intérieurement. C'est seulement lorsque cet état n'est pas encore atteint qu'ils préfèrent en rester au tu». Si comme nous l'avons abordé le tutoiement caractérise une relation proche, intime dans laquelle il y a une affinité, le vouvoiement indique que les deux interlocuteurs sont différents, indépendants l’un de l’autre. Le vous marque certes une certaine distance, mais celle-ci ne résulte pas d'un jugement de valeur négatif ni ne l'implique. Au contraire, elle exprime le respect de l’autre. Celui-ci est considéré comme un être à part entière à qui l’on doit le respect. Cela se révèle nettement, car chaque fois que l’on veut contester la dignité d’un adulte ou sa valeur, le vous est abandonné pour le tu. Par exemple, les remontrances lancées contre un automobiliste indélicat se font sur le mode du tutoiement. Jadis les serviteurs étaient tutoyés pour marquer la différence hiérarchique. C’est d’ailleurs bien parce qu’on ne leur accorde pas encore la responsabilité que les adultes tutoient les enfants. Certains parents les vouvoient quand ils les grondent pour essayer de faire appel à leur sens du devoir et des responsabilités. Le vouvoiement reconnaît à l’autre le droit d’être indépendant et de décider librement de la manière dont il veut mener sa vie. Le vouvoiement est ainsi en relation avec le libre arbitre de l’être humain, cette faculté qui réside dans l’esprit et qui lui donne la possibilité de choisir, sans être influencé, ce qu’il veut penser, dire et faire. Mais à cette liberté de choix est associée la responsabilité des décisions prises. Le libre arbitre ne peut donc pas être le propre des enfants. Il ne devient effectif que chez les jeunes gens, à la fin de l’adolescence, autrement dit précisément à la période où le jeune homme ou la jeune fille commence à être vouvoyé ! Chaque adulte devrait être heureux de l’existence du vouvoiement, car le genre de relation qu’engendre le vous lui permet non seulement de garder sa propre indépendance et sa liberté par rapport aux autres, mais également d’être respecté dans son propre désir d’indépendance et de liberté. Que se passe-t-il en effet lorsqu’un inconnu nous aborde et nous tutoie sans autorisation ? Nous sommes surpris et ressentons intérieurement un mal-être car les limites ne sont plus respectées, un certain respect disparaît et nous sommes privés de la liberté de choisir entre la relation de tutoiement et de vouvoiement. Le fait que chacun de nous soit un je» différent, réside dans l’existence du libre arbitre. C’est grâce à lui que nous décidons, de manière tout à fait personnelle, ce que nous voulons faire de nous-même et comment nous allons le faire. Les expériences vécues que nous faisons, et qui résultent de nos libres choix, façonnent alors peu à peu notre personnalité de façon particulière. Elle est particulière, car elle résulte forcément d’une combinaison de désirs et de décisions différente de celle des autres. Pour bénéficier pleinement de sa propre faculté de libre décision et pouvoir évoluer en conséquence, il faut éviter de la limiter de quelque façon que ce soit. Il est donc nécessaire de garder toute son indépendance, son droit à être différent, donc à être soi-même, ce qui, comme nous l’avons vu, n’est possible - chez les personnes possédant le libre arbitre, c’est-à-dire les adultes - que grâce au... vouvoiement. Mais alors pourquoi le tutoiement se généralise-t-il de nos jours ? Le tutoiement entre adultes Le tutoiement entre adultes est légitime dans les relations étroites où les deux êtres en présence sont très proches et en affinité. Ces conditions sont avant tout remplies dans le mariage. Dans le mariage, le tu, et non le vous, se justifie car décidant d’évoluer ensemble en s’aidant mutuellement, les époux ont volontairement choisi de céder une partie de leur indépendance pour unir leur destin. Le vouvoiement entre époux montrerait donc le contraire. Il était très courant à une époque mais, en ce temps là, les mariages étaient souvent des mariages arrangés ou de raison. Le tutoiement implique une liaison étroite avec l’autre. Cette liaison est-elle si courante que le tutoiement doive se généraliser comme il le fait actuellement ? Y a-t-il vraiment une liaison étroite, une intimité et une communauté de destin entre tous les gens qui se tutoient les collègues de travail, les membres d’un club, les connaissances, les voisins, etc. ? Le tutoiement est considéré actuellement comme un signe de grand progrès et de maturité d’esprit, mais en examinant de plus près les situations où l’on se tutoie, on peut constater que ce n’est pas le cas. Les adultes qui s’y livrent perdent quelque chose et ils y recourent plus comme à une solution de facilité que comme à un vrai moyen de s’affirmer et de progresser. Le tutoiement sur le lieu de travail, dans un club de sport ou tout autre groupe, permet d’éviter de se démarquer des autres. Il donne la possibilité de se fondre dans le groupe, d’avoir l’impression de lui appartenir. On y est ainsi accepté presque automatiquement et sans effort, comme dans une grande... famille ! La famille, qui, comme nous l’avons vu, est bien le lieu où l’on se tutoie ! Au cours d’une soirée, le tutoiement d’inconnus qui viennent d’être présentés permet de baisser la garde». De cette façon, la plus grande responsabilité de ce que l’on dit, et la manière de se comporter qu’implique le vouvoiement, tombent avec le tutoiement. Le tutoiement place les adultes dans une situation similaire à celle qu’ils ont connue dans leur enfance, celle de camarades encore non-responsables, où tout est à peu près permis, puisque rien n’est vraiment sérieux ni ne porte à conséquence. Cette sorte de refus d’être un adulte peut probablement être mis en relation avec le désir de nombreuses personnes d’un certain âge d’aujourd’hui qui cherchent à tout prix à paraître jeune, que ce soit dans leur manière de parler, de s’habiller ou d’occuper leurs loisirs. Que le tutoiement permette de gommer les différences, de se débarrasser de ses responsabilités et de se donner à bon compte le sentiment d’appartenir à une grande famille est au fond bien connu et utilisé consciemment par certains. Un célèbre organisateur de voyages par exemple, impose volontairement le tutoiement dans ses villages de vacances. Les vacanciers, qui ne se connaissent pas au départ, se rapprochent très vite, perdent leurs inhibitions, fraternisent et se fondent avant peu dans la joyeuse inconscience du groupe. Agir en connaissance de cause En étant prête à céder une part de son indépendance aux personnes tutoyées, la personne qui tutoie en perd forcément une partie. Celle-ci se trouve entre les mains de ses vis-à-vis. Le tutoiement lie donc les individus les uns aux autres. Cette liaison n’est pas anodine et il est difficile de s’en débarrasser. Etant doté du libre arbitre, l’être humain peut choisir de communiquer avec ses semblables en les vouvoyant ou en les tutoyant, mais au-delà de ce que cela révèle de lui, le choix qu’il effectue va faciliter ou non son évolution personnelle. Le tutoiement, sous ses apparences de facilité, engendre de nombreux problèmes, car en liant et en ouvrant des portes à toutes sortes d’influences extérieures, il entrave le libre arbitre. Le vouvoiement, lui, semble plus difficile, mais il facilite les choses, car il permet de conserver sa liberté intérieure et son indépendance. Christopher Vasey Article basé sur les connaissances du Message du Graal Au-delà des mots et de leur sens, la voix véhicule un nombre important d’informations identificatrices et impressives. Nous pouvons commencer ici par observer deux choses quant à la parole. Premièrement, on reconnaît facilement par téléphone dans les premières secondes d’échange la voix de quelqu’un qu’on connaît. Deuxièmement, on peut aussi bien reconnaître grâce à la voix, mais sans connaître cette fois l’individu qui parle, une catégorie socio-professionnelle, que ce soit du démarchage par téléphone, du divertissement télévisuel, du commentaire sportif ou de l’information radio, et ceci également dans les premières secondes d’écoute. Outre la hauteur de la voix et ses caractéristiques individuelles, elle comporte une capacité à faire entendre une posture et une identité particulière. Fonagy montre que le style vocal repose sur des mimiques articulatoires fermetures ou ouvertures buccales et glottales, accentuelles et intonatives que nous interprétons métaphoriquement183 ». La voix seule peut donc transmettre bon nombre de postures, d’attitudes et d’émotions, de la même manière que le corps tout entier en situation de face-à-face, et ce grâce à sa capacité mimo-gestuelle. En effet, si nous nous sommes surtout penchés dans ce travail sur le lien entre le contexte linguistique et social de la parole, la place du locuteur et de l’interlocuteur dans l’interaction, ainsi que sur l’interprétation du discours, n’oublions pas que la parole articulée est formée dans notre cerveau comme un geste moteur. C’est sur le cortex moteur, plus précisément dans l’aire de Broca, que l’appareil phonatoire est représenté. Ce n’était pas l’objet de ce travail, mais il aurait pu être intéressant de mettre en parallèle des études neuropsychologiques sur la formation des gestes et leurs fonctionnements ainsi que leur représentation socialement codifiée avec le fonctionnement de la parole et ses codes sociaux, tels que l’exemplifie les phonostyles afin de déterminer des points de contact. L’imitation vocale fonctionne-t-elle de la même manière que l’imitation gestuelle ? Les neurones miroirs sont-ils également impliqués dans la reconnaissance du ton de la voix comme ils le sont dans la reconnaissance d’un geste ? A quel moment intervient la question du sens linguistique, qui n’est pas du tout localisé au même endroit dans le cerveau aire de Wernicke ? Toutes ces questions plus techniques au niveau neurologique mériteraient un autre travail en soi mais il est intéressant de les mentionner ici. 183LÉON, P., 1993, Dans ce travail se concentrant sur la spécificité de la parole dans les médias, nous espérons avoir pu démontrer qu’il est possible de distinguer à l’intérieur d’un même genre de discours ou de parole le discours d’information, des styles de parole qui permettent à l’auditeur d’identifier et de définir le locuteur par rapport à son contexte linguistique et social, et de le reconnaître comme un représentant d’un style particulier portant une identité définie. Même si le genre du discours d’information transparaît plus radicalement que l’identité de la chaîne radio, nous avons tout de même pu montrer quelques différences grâces à des analyses techniques fines. Le contexte du discours d’information et plus précisément ici celui de la revue de presse influence déjà grandement le phonostyle. On pourrait donc s’attendre éventuellement à ce que deux revues de presse sur deux chaînes différentes se ressemblent plus que tout autre type de discours puisqu’elles participent du même genre, et ne dénotent ainsi pas forcément l’identité prosodique de la chaîne. De plus, les contraintes de production du discours d’information semblent être identiques par bien des aspects interactivité faussement » naturelle entre les journalistes en studio, lecture de texte rédigé à l’avance bloquant pour beaucoup la spontanéité des échanges, discours dirigé vers un tiers absent l’auditeur, emboîtement de discours tel que l’exige la revue de presse. Les différences entre les deux chaînes auraient donc peut-être été plus flagrantes si l’on ne s’était pas limité au discours d’information. Mais on peut imaginer que si l’on perçoit des différences, si fines soient-elles, dans un genre très codifié, celles-ci ne pourraient être que plus évidentes si l’on prend des émissions où la parole est plus spontanée, ce qui aurait aussi certainement permis de révéler d’autres caractéristiques de chacune des deux chaînes. Une autre possibilité d’analyse, qui n’a pas non plus été retenue ici, aurait été de comparer la voix des journalistes au micro et hors antenne pour déterminer à quel point ils adaptent leur voix à une identité prosodique pré-formatée suivant la chaîne. Le style de parole associé à la présentation d’information, décrit comme très formel par Hupin et Simon 2007, se retrouve toutefois autant sur La 1ère que sur Couleur 3, mais dans une moindre mesure pour la seconde, expliquant une plus grande proximité avec son public de par son style légèrement plus relâché. Grâce à nos analyses, nous avons d’ailleurs pu confirmer certaines données déjà détectées par Burger et Auchlin 2007 et Hupin et Simon 2007 sur certaines caractéristiques du style journalistiques forte mélodicité, nombreux accents initiaux qui rendent le style didactique, rythme haché, coups de glotte, mise en relief du mot plutôt que du syntagme et débit de parole moyen à rapide. Les variables prises en considération étaient temporelles taux d’articulation, débit de parole et débit d’articulation, qui a tendance à ralentir lorsque la solennité augmente, mélodiques étendue du registre et agitation mélodique, des indices d’emphase et d’implication ainsi que de captation de l’audience qui croissent dans la parole publique ou la voix professionnelle, accentuelles proportion de syllabes proéminentes, ainsi que certaines marques d’hésitations. En comparaison avec le phonostyle de France Info, nous avons aussi pu relever certaines caractéristiques de l’accent suisse romand, qui ne s’est pas révélé, comme auraient pu le faire penser certains a priori, plus lent que celui de ses voisins. Donc, même dans le discours d’information, un genre médiatique qui uniformise d’une certaine manière le ton des journalistes sur quelque chaîne que ce soit, l’identité de Couleur 3, une chaîne radio de divertissement du service public qui tient à informer qualitativement ses auditeurs – un public éclectique d’une trentaine d’années en moyenne – transparaît dans la prosodie de ses animateurs. Ces paramètres prosodiques débit, mélodicité, accentuations forment un phonosytle particulier à la chaîne qui lui confère son identité. Apparemment plus consciente et plus transparente sur ce qu’implique le ton de voix en radio, Couleur 3 se permet d’en jouer presque constamment, installant aussi une distance critique par rapport à elle-même et au contenu informatif qu’elle convoie. Une distance tout à fait bienvenue chez un auditeur alternatif et plutôt critique des médias. La chronique Décrochages » où sont imités surtout à l’aide de la technique radio musique, jingle, tapis et déformation des voix mais aussi accents linguistiques ou régionaux toutes sortes de stations radios, en est un très bon exemple. Pendant une à deux minutes, les deux animateurs de la matinale font croire aux auditeurs qu’ils sont soit sur une radio jazz, classique, métal, une radio régionale valaisanne en exagérant fortement l’accent ou une radio privée française ou américaine, montrant leur maîtrise des phonostyles de chacune de ces chaînes et prouvant ainsi le fonctionnement de l’identification à une chaîne radio grâce à la voix de ses animateurs de la même manière que l’avaient déjà fait le trio de comiques français les Inconnus dans les années 1990 avec leur sketch les radios libres ». Nous retiendrons que Couleur 3 favorise les voix particulières et permet de forcer les accents régionaux pour en jouer. Elle se caractérise aussi par une agitation mélodique légèrement plus élevée que sur La 1ère et comptabilise un nombre légèrement inférieur de syllabes proéminentes, ce qui participe de son ton informel, léger et humoristique. Un style de parole qui se rapproche donc par plusieurs critères d’un style informel langue de proximité se caractérisant, de manière étonnante pour une relation entre locuteur et auditeur radiophonique dans un discours médiatique très codé comme la revue de presse, par une relation intime » entre les interlocuteurs, une grande liberté thématique, de l’expressivité et une certaine improvisation184. Les sources d’informations plus vastes internet, réseaux sociaux, etc., le vocabulaire familier tutoiement, anglicisme, grossièretés, et la technique radio utilisée tapis quasiment constant, jingles rapprochent encore plus clairement Couleur 3 de son public, à la différence de La 1ère qui semble garder une distance polie et respectable avec son auditeur. Car, ce qui surdétermine l’ensemble des interactions médiatiques qu’elles soient de l’ordre du discours d’information ou non, même s’il n’en laisse pas de traces visible, reste finalement l’auditeur. 184SIMON, A-C., AUCHLIN, A., AVANZI, M., GOLDMAN, J-P., 2009, J’ai le plaisir de vous présenter dans cette rubrique mon activité d’accompagnement professionnel de personnes et d’équipes, ce qu’on appelle aussi l’ executive coaching » et le team coaching ». Accompagner ou coacher, cela veut dire créer avec le ou la cliente, vue comme un être autonome et responsable, une relation de confiance qui va permettre, grâce à l’utilisation de processus validés, de provoquer un changement dans le sens de la réalisation de ses buts. Après une initiation aux fondements du coaching à International Mozaik à Paris, j’ai suivi la formation Coach and team » de Transformance à Paris animée par Vincent Lenhardt et j’ai été certifié selon cette méthode. J’ai ensuite rejoint l’International Coach Federation comme co-directeur du comité scientifique. Enfin, j’ai découvert l’approche Metasystème d’Alain Cardon auprès de qui je suis en supervision. Je coache des personnes qui ont une demande individuelle, des cadres en entreprise ou des équipes et leur manager. Voilà en quelques mots ma manière de voir et pratiquer le coaching inspirée de la pratique décrite dans le livre L’art véritable de maître coach » d’Alain Cardon, Intereditions, 2011 L’art du coaching c’est d’abord un savoir être. Il y a une posture fondamentale qui permet ensuite au métier de s’épanouir. Cette posture consiste à créer ici et maintenant un espace ouvert d’accueil chaleureux et attentif qui laisse une grande part à l’émergence et à la croissance. Le silence et le vide y sont importants, un peu comme dans la méditation. L’écoute se fait sans intention autre que celle d’aider avec humilité, générosité et simplicité le client ou la cliente à trouver son chemin. L’espace créé lui permet de faire l’expérience de changements importants pour résoudre ses difficultés d’une manière nouvelle et sortir de ses impasses. La personne peut alors avancer et grandir. Je cherche à l’accompagner au-delà de son cadre de référence actuel. La philosophie sous-jacente de cette forme de coaching est la croyance dans les capacités fondamentalement naturelles d’auto-organisation des personnes et des équipes qui sont vues comme intelligentes, inspirées par leur devenir et capables de trouver leur cohérence interne. Lors du processus de coaching, le client ou la cliente, qu’il ou elle soit individuelle ou collectifve apprend à s’écouter lui-même ou elle-même. Le résultat du coaching est imprévisible. En même temps, les processus que j’utilise sont là pour que l’imprévu soit provoqué. Le ou la coachée ressent en général qu’une percée s’est faite. Il ou elle a une nouvelle conscience du problème et de la manière de le résoudre ou de le dépasser. Le travail consiste ensuite à accompagner les nouvelles perspectives pour qu’elles s’ancrent de façon fluide dans la réalité et produisent les résultats tangibles vers le déploiement du de la cliente dans sa vie personnelle et / ou professionnelle. Vous trouverez ci-dessous quelques témoignages écrits de personnes que j’ai accompagnées et qui je l’espère vous inspireront. Témoignage 1 François, Directeur Général Thierry a su en quelques heures mobiliser 60 cadres autour du thème de l’innovation en utilisant la technique de la marguerite. Cet exercice de groupe terriblement efficace, a donne d’excellents résultats en faisant émerger de nouvelles idées de la part de collaborateurs parfois très discrets au quotidien! L’élan donne par cette séance a permis aux équipes de s’approprier les nouveaux projets, ces derniers étant pilotes par des agents de changement volontaires. Dans un deuxième temps Thierry a démontré toute sa maitrise des processus de gestion du changements au cours d’un séminaire de deux jours autour d’un comite de direction élargi qui a permis d’ancrer les nouveaux projets de façon dynamique. Enfin l’interactivité, la capacité d’écoute et la faculté d’adaptation de Thierry ont vraiment rendu ce projet très riche en échanges et ce fut une source d’apprentissage pour les mangers en plus des résultats business obtenus. A recommander et a recommencer! » Témoignage 2 Frédéric, formateur J’ai apprécié la qualité d’être de Thierry, sachant passer d’un concept théorique de très haut niveau à une confrontation éclairante, tout en gardant mes objectifs ancrés dans la réalité opérationnelle. Tout un art ! Merci ! » Témoignage 3 Homayoun, directeur logistique Je me souviens précisément de mon premier rendez-vous avec Thierry. Il était le troisième et dernier coach » potentiel que je rencontrais. C’était dans un petit salon de thé, pas très loin de la gare Saint-Lazare. Il me parut comme une personne bienveillante, ouverte aux autres et réfléchie. Au bout d’une heure de discussion, mon choix était fait. Il sut, en m’écoutant simplement parler de moi, souligner des aspects de ma personnalité et de mon mode de fonctionnement. Impressionné par sa perspicacité, je perçus qu’il m’aiderait à aborder les choses sous un angle différent, avec un regard neuf. Nous nous sommes revus pendant plusieurs semaines, fidèles à la ligne directrice que nous avions fixée ensemble. Ce furent des moments d’échanges, de partage et d’émotions. Thierry savait trouver le bon équilibre entre mon besoin d’expression et le nécessaire franchissement d’étapes qu’implique la démarche de coaching. Le travail personnel demandé entre chaque rendez-vous était varié et concret. Que me reste-t-il de cette collaboration ? Ses principales recommandations accepter de vivre ses émotions, positives ou pas ; provoquer le bonheur et le bien-être, plutôt que l’espérer …. » Témoignage 4 Anne, haut fonctionnaire Je remercie beaucoup Thierry Nadisic pour les séances de coaching dont j’ai bénéficié en 2012. Le changement professionnel que je vivais alors m’entrainait souvent dans une grande confusion. Thierry, par son écoute bienveillante et son questionnement approprié, par le cadre structurant et l’effet miroir qu’il me donnait, m’a, à chaque séance, permis de sortir de ma confusion et de comprendre comment atteindre mes objectifs. Ce coaching m’a réellement beaucoup aidé, merci ! » Témoignage 5 Cora, consultante J’ai sollicité l’aide de Thierry au moment où je devais faire un choix professionnel important que je remettais sans cesse au lendemain. J’avais fait l’exercice de peser le pour et le contre de chaque option, de solliciter les conseils de mon entourage avant de le rencontrer mais cela ne m’aidait pas à avancer finalement. Au contraire plus les jours passaient, plus je sentais le stress de l’indécision monter en moi. En une séance, Thierry m’a permis d’identifier la croyance qui m’empêchait de faire le meilleur choix pour moi je croyais que le meilleur choix est celui qui doit m’enlever un poids immédiatement et que si au moment de choisir je ressens une forme de malaise c’est que ce n’est pas le bon choix. J’ai compris à travers son questionnement et ses confrontations bienveillantes que choisir c’est aussi renoncer à quelque chose d’important et que la meilleure des décisions peut générer une forme de malaise au moment du choix tout en étant la meilleure ! La satisfaction vient plus tard… Cela et d’autres choses qui se sont passées au cours de ce coaching m’ont beaucoup aidé à faire le bon choix dont je suis satisfaite encore aujourd’hui » Témoignage 6 Christel, dirigeant d’une entreprise de conseil financier Nous avons fait appel aux services de Thierry Nadisic pour un de nos managers à fort potentiel avec plusieurs objectifs de développement personnel pour une application interne, comme externe. L’approche très souple et professionnelle de Thierry Nadisic a abouti à une totale acceptation du programme par le manager et à des résultats probants et rapides. » Témoignage 7 Frédéric, directeur de grande surface spécialisée J’ai été coaché par Thierry concernant mon comportement managérial et de leadership vis-à-vis de mon équipe. La manière a été bonne. Démarrage de séance avec fluidité, en tutoiement, sans tabou, avec transparence. Nous avons regardé les résultats de mon 360 ensemble, puis c’était à moi de dire ce qui ressortait, mon interprétation des résultats. Thierry a appuyé sur mes forces et a utilisé des mots comme » maîtrise, confiance, précision, vision, discours impactant » … C’était important que je repère mes points forts. Avec ce décryptage, j’ai pu me construire des engagements. Mes axes d’amélioration m’ont semblé logiques. Grâce à ce coaching, à court terme j’ai des axes de progrès. Et à moyen terme, j’ai défini des actions majeures pour mon avenir professionnel. Il ne s’agit pas vraiment de changement mais d’évolution. En conclusion, j’ai apprécié cette manière d’être accompagné, j’ai été réceptif, et mon évolution est en marche. Si tu es sage, tu sais mamie avec sa petite retraite elle peut pas toujours donner beaucoup. Mais tu auras ton orange promis » dit-je d’un air amusée en reprenant la voix tremblante d’une personne âgée. Nous sommes véritablement deux gamines qui se chercher des noises. Faut dire qu’il n’en fallait pas beaucoup pour le pouffai étouffant mon rire dans mes mains, visualisant la scène cocasse d’une Weir complètement éberluée de voir deux amants. Elle ne devait pas beaucoup se faire bousculer la vieille impératrice. Faut dire qu’elle donnait autant envie que de se taper un réverbère ! Et je suis certaine qu’on peut prendre son pied avec ce type d’objet, bien mieux qu’avec elle. Oh que j’aurais aimé qu’on filme sa tête ! » j’avais du mal à m’arrêter de rire et finalement, après quelques secondes et la larme à l’œil, je réussis à me ils avaient été idiot, mais si l’amour était quelques choses d’intelligent, il aurait moins de problème ! Personnellement, je me sentais bien contente d’ignore ce genre de problématique. Avec ma perception du couple et de la notion d’amour, je m’épargnai des souffrances détestables. Même si je devais lutter contre ma nature humaine de verser dans le sentimental. C’est une défense, un bouclier qui pouvait se briser un jour et j’espère que cela n’arrive pas. Déjà, que j’avais trop investit avec Blanche, hors de question de vivre ce genre d’émois. Même si l’histoire est belle. Mais, nous ne parlions pas d’e moi, mais de ma charmante amie, qui même si elle avait été idiote, elle avait ses raisons. Rien n’est facile dans les relations humaines. Oui, mais bon les relations sont toujours stupides, tant que ça se finit bien c’est le principale » ce fut ma petite conclusion. héhé, je vais finir par l’ouvrir cette nurserie ! »Je lui fis un beau sourire à son remerciement, entre deux bâillements. Je perçue son regard tendre que je lui rendis par mimétisme et parce que je l’affectionnai aussi. J’ai pleins d’idée si besoin » oui je ne manquais pas de vacheries en réserve. Je lui donnai avec précision, quand j’allais partir dans les songes, lui donnant la possibilité d’échanger sur mon agression si besoin. Après tout, j’ignore si elle va s’en servir pour son enquête. Je lui souris quand elle me toucha le bras. Le chat était en creux de me ventre bien installé et en train de ronronner. Panda » je montra le soldat à côté de moi Viens tous les soirs chercher les filles du corps médicale, cette fois, il avait dû avoir du retard puisque j’ai finis tard du a l’opération de Matt. J’étais seule et donc il m’a raccompagnée, me proposant qu’on aille dégourdir les jambes de Kalash son chien sur les digue. J’adore ce chien ! » J’eue un sourire tendre pour l’animal Je te le montrerai un jour, il est superbe. Bref. En allant dans un couloir, il y a eu deux types qui ont crus bon de faire de l’humour et qui désirai m’agresser. Je ne sais pas trop encore si Panda c’est fait piégé ou non, mais ils se connaissaient. Bref, je me suis fait plaquer par l’un des loubard et Panda c’est battue. Je me suis enfuis, jusqu’à un laboratoire que je pensais vide et finalement il y avait Mike Femens dedans. On a élaboré un plan, les soldats sont arrivés, ont leur a balancer une plante qui a explosé sur eux. Ça n’a pas si bien marché, car Mike c’est retrouver attaché à une chaise et moi, au pied d’une table en petite tenue, dans le but de me faire violer. Bon ils m’ont frappé car je ne tenais pas en place. Et au moment, où ma culotte allait glisser, Panda à débarquer, Mike c’est libérer et les vilains sont tombé à terre. J’ai soigné Panda qui était à moitié mort et je me suis évanouie, hypothermie » se fut du sacré résumé en tout jeta un coup d’œil au soldat qui était dans le coltard, quand Isia le lui montra. Elle la laissa se lancer dans son récit, sans chercher à l’arrêter, lui narrant les évènements comme elle les avait perçus. La jeune femme n’était pas rassurée de se dire que l’homme qui l’avait peut-être piégé était hospitalisé dans la même pièce qu’elle, mais manifestement, il s’était battu bec et ongle pour la sortir de là. Alors il s’était peut-être retrouvé dans un jeu qui le dépassait. Une enquête serait ouverte, bien entendu. La consultante hocha de la tête quand elle lui proposa de rencontrer le chien. Elle l’avait entraperçue à la soirée Santa. Isia n’avait pas subi passivement, du coup, elle s’en remettrait sûrement bien. Une sacrée aventure », dit-elle. Elle avait été complète. Néanmoins, certaines questions vinrent à Erin, qui lui demanda donc. Tu avais déjà eu à voir avec ces hommes ? Ils voulaient quelque chose en particulier ? Ils n’auraient rien dit des fois sur la personne qui les a envoyée ? Si je vais trop vite, n’hésite pas à me le dire. » Elle suivait le fil de ses pensées et du coup ça sortait comme ça venait. Non, j’ai dû les soigner peut-être mais bon, ils ne m’ont pas marquée. Oui, ils désiraient les Pass des chambres en plus de me péter cul » dit-je avec une pointe d’amusement. Oui, je n’étais pas spécialement choquée au final. Je réfléchit un peu Non, je n’ai rien qui me reviens. Ils étaient dans l’optique de se faire plaisir. Non ça va je suis » D’accord, de toute façon, ils sont bels et bien identifiés maintenant, vu l’état dans lequel on les a retrouvés, ils n’ont pas pu s’enfuir. Ils voulaient certainement finir le boulot à l’infirmerie », dit-elle par pure constatation. N'hésite pas si tu as quelque chose qui te revient dans les prochaines heures ou jour, je suis toujours joignable pour toi. » Oui faut dire que Panda et Mike n’y sont pas allé mollo. Remarque-moi non plus si j’avais pu en tuer un avec mon scalpel je l’aurais fait » Je lui fis un grand sourire Oui, je te dirais. Merci et si tu veux discuter avec moi via radio quand tu as un moment tu peux aussi » Je lui attrapai la main dans un geste affectif. Au faite je ne t’ai jamais dit. Mais ma mère se nommait Eryn, avec un y » c’est drôle non ? » Ce que je comprends parfaitement. Ces pourritures ne méritaient pas mieux. Mais je suis contente que tu n’en ait pas tué un. » Erin lui rendit son sourire, sincère. Elle aurait eu des emmerdes à foison, sauf en cas de légitime défense. Bref. D’accord, je n’hésiterai pas à t’embêter par radio également », dit-elle alors que la doctoresse lui attrapait la main affectueusement. Erin lui caressa le dos de la main avec la chair charnue de son pouce. Ah ? Non, tu ne me l’avais jamais dit. C’est une drôle de coïncidence tiens. C’est elle, ton côté australien ? », demanda-t-elle curieuse, avant d’ajouter, comme si elle n’avait pas pu s’empêcher N’empêche, avec un nom pareil, je suis sûr que c’est une femme extraordinaire ! » Bonjour les chaussettes qui viennent d’exploser ! Oui, j’aurais été emmerdée encore » je ricanai amuser, mieux vaut éviter d’avoir un procès pour meurtre. Je lui souris une nouvelle fois à la mention de la radio. Oui, quelques petits échanges seront bénéfiques pour me tenir compagnie. Surtout avec l’autre ronchon à côté de moi. Non, c’est mon père qui est Australien. Ma mère était chirurgienne de renom, comme quoi c’est génétique » oui quelques fleurs ça fait du bien. Bien entendu je parlais au passé de ma mère étant plus de ce monde Haha oui, elle était extraordinaire ! » répliquait je confirma de la tête qu’elle aurait été embêtée, avec un sourire amusée alors que la blonde ricanait. Elle prenait vraiment tout à la légère et comme ça venait. Au moins, elle ne se faisait pas tant de soucis que ça, ce n’était pas plus mal. D’accord, tu suis les traces de ta mère, c’est bien aussi », fit Erin, notant qu’elle parlait d’elle au passé . Ça ne m’étonne pas, pour m’avoir donné une copine pareille, elle devait l’être », rajouta la consultante avec un nouveau bisou sur la joue pour son amie. Je vais te laisser te reposer. Je te laisse Harry ? » Elle ne voulait pas lui imposer le chat, si tant est si bien qu’un chat s’impose… Dans un sens oui. » c’est marrant que finalement je fasse la même chose qu’elle. Comme quoi des métiers pouvait être familiale. Exactement » je réceptionnai le bisou avec un beau sourire. Oui, laisse-le-moi il est très bien là. Je le transmettrais à Katty » dit-je amusée. Je baillai une nouvelle fois Désolé, je vais dormir, merci d’être venue ma belle » je lui fis un tendre bisou sur la joue. Bon courage et fait attention à toi, j’aimerais que tu ne viennes pas me tenir compagnie dans un ce genre de lit » dit- je dans une petite provocation amusante. Ne t'excuse pas, en ce moment habituellement on s’endort au milieu d’une conversation », dit elle avec humour. Erin fit une moue contrariée. Je n’y compte pas, je préfère les soirées entre fille dans ma chambre plutôt qu’ici. Allez, je file. Repose toi bien ma chérie. » Oui moi aussi, a plus tard ma belle » fit-je en pouffa avec un salut de la main quand la jeune femme partie. END 14/02/2016

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